vendredi 30 novembre 2007

Le végétarisme de Pierre Gassendi




En 1684, paraît la seconde édition de " Abrégé de la philosophie de Gassendi en sept volumes " de François Bernier.

Le philosophe développe ses arguments en faveur du végétarisme (tome V, livre VII, chap. IX : " Des aliments naturels ").

L’homme n’est pas naturellement carnivore : six arguments pour ne plus manger de viande.


" Comme la nature a donc donné à l’homme des dents, non telles que sont celles des animaux carnassiers, mais de ceux qui vivent des simples dons de la terre, pourquoi ne reconnaître pas que c’est afin que nous nous abstenions de viande, et que nous nous servions d’herbes, et de fruits ?

Ceci se peut confirmer premièrement de ce que nous voyons que tous les enfants préfèrent les pommes aux perdrix, et que généralement ils aiment mieux les fruits que la chair ; comme si la nature se montrait encore en eux en quelque façon pure, sans altération, et comme elle est en soi, jusqu’à ce que le long usage de la chair l’ait dépravée en lui changeant son tempérament. Je dis en quelque façon, car si l’enfant était formé de semence, et nourri de lait de parents qui se fussent abstenus de chair, ou si du moins après avoir quitté le lait il n’avait point été nourri de viandes, ou de bouillons de viande, il aurait sans doute plus de passion pour les fruits.

2) De ce que les hommes n’ayant pas les armes, ou des instruments naturels pour déchirer, et couper les viandes, il leur en a fallu chercher d’artificiels, à savoir les couteaux dont les animaux qui vivent de chair n’ont pas besoin. Joint qu’ayant de l’aversion pour les viandes crues, il a fallu les cuire, et les apprêter diversement pour les rendre plus agréables, ce qui n’est pas nécessaire aux animaux carnassiers.

3) De ce que les histoires sacrées témoignent que les premiers hommes furent obligés par le commandement de Dieu de vivre, comme ils vécurent effectivement, non pas de chair, mais de fruits, et que l’usage des viandes ne fût toléré que longtemps après, et pour nous servir des termes ordinaires, à cause de l’endurcissement de leur cœur. L’on voit même chez les auteurs profanes que dans l’Age d’Or des premiers hommes l’on n’usait point d’autres fruits que ceux qui naissaient d’eux-mêmes de la terre.

4) De ce que non seulement les SS. Pères qui se sont retirés dans la solitude par le zèle de la religion, se sont abstenus de viandes, mais que les philosophes moraux qui ont embrassé cette abstinence, ont vécu fort longtemps, et fort sainement, comme font encore présentement plusieurs peuples des Indes orientales.

5) De ce que les fruits sont plus légers que la chair, ne chargent point tant l’estomac, se digèrent plus aisément, et se distribuent aussi plus aisément par les parties du corps. Car si la chair, comme on parle, se fait de chair, il ne faut pas s’imaginer que cela se fasse comme en appliquant du plâtre sur du plâtre.

6) De ce qu’il n’y a pas lieu de craindre que l’on ne tire assez de forces de ces sortes d’aliments, puisque les Indiens qui ne vivent d’autres choses sont aussi forts, et du moins aussi sains que nous, et que la force des taureaux, et la vitesse des cerfs, et des autres semblables qualités des animaux ne se tirent que de là.

Et l’on ne doit point objecter que nous recevons beaucoup de commodité des bouillons de viande ; car pour ne dire point les incommodités qui nous en viennent, et qu’une bonne partie de l’Asie les croit mortels aux fiévreux, comme ce devait être apparemment le sentiment d’Hippocrate, puisqu’il ne leur ordonne d’ordinaire que de la tisane d’orge plus ou moins épaisse, selon que les malades avaient plus ou moins besoin de nourriture ; pour ne parler point, dis-je, des incommodités qu’ils causent, si nous en recevons quelques utilités, ce n’est que parce que les parties de notre corps s’y sont habituées par le long usage.

L’on ne doit point aussi objecter les habitants du Brésil, les Hurons, et quelques autres peuples féroces de la sorte qu’on a trouvés vivant de chair ; puisque à cet égard la nature a aussi bien pu se dépraver dans eux que dans les autres, d’autant plus qu’ils ont retenu moins d’humanité, et que non seulement ils étaient devenus mangeurs de chair, mais encore anthropophages, ou mangeurs d’hommes. "

mercredi 13 juin 2007

Le FOYER VEGETALIEN de Léo Malet


" Brouillard au Pont de Tolbiac " est un remarquable album de Tardi inspiré d’un roman largement autobiographique de Léo Malet, le " père " du détective privé parisien Nestor Burma.
" Dès nos premiers contacts, Tardi m’apparut comme un être sensible et généreux, d’une grande courtoisie et d’une non moins grande modestie. Notre collaboration en fut facilitée. En ce qui concerne le Foyer Végétalien, pour lequel il me demanda des renseignements, il sut traduire mes souvenir avec une remarquable fidélité et, à quelques détails près, le Foyer Végétalien de Tardi est celui que j’ai connu en 1925-26. "
Léo Malet, le 19 Février 1982.

Durant les années 1920, il existait plusieurs foyers végétaliers à Paris. L’anarchiste Georges Butaud fonda un foyer végétalien dans la capitale en 1923. On pouvait y manger et y dormir pour des sommes modiques. On pouvait également y assister à des conférences.

Pour Georges Butaud, il ne servait donc à rien d'élever des vaches et des volailles. Il participa à des revues telles que Le Végétalien ou Le Néo-Végétalien. Il pensait que ce mode d'alimentation devait être propagé " pour le bien de l'humanité et de l'animalité ". Il était opposé à la chasse et faisait l'éloge des " camarades singes " qui vivent une vie saine et non falsifiée.


Les conséquences pratiques du végétalisme intégral sur l'évolution individuelle et sociale par G. BUTAUD

Que faut il à l'homme pour vivre ? Un peu de légumes, un peu de grains, même pas 100 grammes d'huile et c'est tout! I1 faut environ par adulte journellement 2 kilogrammes de racines, de verdure, c'est le produit annuel d'environ un mètre carré de culture dans un terrain ordinaire. Avons nous besoin de cette vie compliquée qui n'est que la lutte d'un contre tous, qui nous a amené cette horrible guerre qui coûta la vie de millions d'hommes et dont les funestes suites pèseront lourdement sur nous et nos arrière petits enfants ? C'est que la paix elle même n'est que l'apparence de la paix, la lutte est constante entre les hommes, car leurs appétits sont illimités. Tout homme craint le lendemain. De quoi demain sera t il fait ? Quel évènement va-t-il se produire ? L'ouvrier, le commerçant, le riche même sent l'angoisse le mordre. Qui est à l'abri ? Les plus puissants même de la terre souvent sont inquiets, craignent une catastrophe, suent d'angoisse à la pensée que peut être quelque évènement le jeu des circonstances va faire s'écrouler tout ce qui fait le charme de leur vie.
La société humaine est telle qu'il y a un agent à chaque coin de rue, chacun de nous serre précieusement son porte monnaie, nos portes ont des serrures et la bataille perdure, entre commerçants et acheteurs, ouvriers et patrons, elle prend actuellement une certaine acuité entre paysans et citadins et est une caractéristique de la vie chère.

D'autre part nous voyons les maladies organiques se développer. Rhumatisme, tuberculose et aussi la folie, le cancer. A quoi cela tient il ?
Est il quelque chose en dehors de nous mêmes, en dehors de l'humanité qui crée ce malaise économique, moral, physiologique, qui frappe l'humanité toute entière et chaque individu dans son être et dans sa descendance ?
C'est la rançon du progrès !
Les autos de soixante chevaux comme des bolides parcourent les routes, les aéroplanes sillonnent les nues, mais si par suite le pétrole est rare dans nos lampes, nous mangeons toujours plus de viande, de sucre, nous avons du vin, de la bière du café, etc. La table d'un paysan, d'un ouvrier est garnie comme ne l'était pas certes, celle d'un seigneur du moyen âge, mais celui ci, pour la servir, ne mettait pas à contribution les cinq parties du monde .
L'homme, ce roi de la création, cette intelligence, est il autre chose, qu'un animal ? Est ce parce qu'il a découvert quelques lois naturelles qu'il peut soumettre la nature ? Est ce la nature qui peut commander ou l'imagination humaine ?
L'homme n'est qu'un produit ce n'est pas parce que je sais que 2 et 2 font 4 que je ne suis pas le descendant de l'anthropopithèque, s'il y a cinquante siècles que mes ancêtres ont dérobé au ciel une étincelle, s'il y a quelques siècles que l'homme vit en partie d'aliments cuits, il y a des milliers de siècles antérieurs pendant lesquels l'homme vécut de fruits, de pousses vertes, de racines l'homme est le produit de l'alimentation crue.

Où sont les animaux qui font cuire leurs aliments ?
La complication de l'existence a fait de la terre un bagne, un mauvais lieu à l'atmosphère empestée et en un siècle une famille de parisiens s'éteindrait si le sang frais des provinciaux ne venait la vivifier à nouveau.

En résumé, domination de l'individu par ses appétits, ses besoins anormaux, ses fantaisies gustatives, son entraînement désordonné pour toute espèce de jouissance raffinée et immédiate, misère subséquente, dégénérescence, douleur individuelle, douleur universelle, voilà où nous avons abouti.

Voilà tantôt trente ans que je fréquente les réunions populaires, eh bien, nulle part je n'ai entendu la vérité. Nos tribuns, nos meneurs ne nous conduisent pas dans le bon chemin. Le bon chemin, ils ne le connaissent pas. Ils sont ignorants comme leurs auditeurs, ce qu'ils cherchent c'est à plaire. On n'est d'ailleurs meneur qu'à cette condition.

Et pourtant, voyant que l'humanité n'est pas heureuse nous devrions reconnaître que nous suivons une mauvaise route, qu'il ne faut pas continuer à s'enliser dans le bourbier qui ne produit ni bonté, ni grandeur. De cela l'orateur populaire ou mondain n'en a cure. Il continue la même voie, il faut donner au monde plus de cheval vapeur, capter plus d'énergie dans les forces naturelles. Il ne trouve pas autre chose.

Il faudrait au contraire porter la guerre dans les cerveaux, reconnaître qu'il n'est pas rationnel de partir du tout pour qualifier la partie, du groupe pour déterminer l'individu, de l'individu pour justifier l'atome, de l'organisation sociale pour faire le bonheur de l'homme.

L'erreur est à la base de la société. Aucun bien ne sortira d'aucune agitation tant que le grand mot d'organisation sera le point de départ de l'activité humaine dans la recherche des vérités qui constituent le véritable savoir. J'ai parcouru tout le cycle des théories sociales courantes, du radicalisme au communisme en passant par le socialisme et j'ai compris le néant du grand mot organisation. Avec ce mot on prétend transformer le monde sans que l'individu ait à changer.

Et comme cela on a des adeptes, on n'arrache pas un à un l'individu à la foule erronée, on emboîte le pas à la foule. C'est plus simple.
Il n'y a pas de parti qui sauvera l'humanité, pas d'organisation. I1 y a une somme de vérités qui est le patrimoine commun à tous les hommes. Voilà ce qu'il faut dire. I1 faut dire au chercheur avant de coopérer, de communier sois un bon élément de coopération, de communion. Si nous n'avons pas abouti à une vie individuelle plus belle, à une société plus heureuse, si nous vivons dans un monde féroce aux faibles, aux pauvres, c'est que nos parents nous ont mal guidés, c'est que nos connaissances individuelles sont en défaut.

Le grand Descartes nous apprend qu'il faut refaire l'étude de tous nos gestes. Faisons appel à la méthode cartésienne. Refaisons donc notre éducation. Et l'éducation commence du jour où nous ouvrons les yeux. Mieux l'ontogenèse nous démontre que nous portons le poids des fautes commises, que nous profitons des vertueuses conséquences de nos lointains aïeux.

Soyons scientifiques, appliquons à nous mêmes les méthodes rationnelles d'étude que nous appliquons dans tous les domaines. L'individu n'est qu'un maillon dans la grande chaîne de l'espèce. Étudions donc les besoins de l'individu.

La véritable doctrine humaine est celle qui s'appuie non sur les rêves fuligineux de fraternité, d'amour, rêve sur lequel ont bâti toutes les philosophies, les religions qui nous ont mené où nous sommes l'histoire ne se révèle à nous que comme une longue suite de combats épouvantables de peuples, de races, de groupe à groupe,de tribu à tribu. La véritable doctrine qui réconciliera tous les hommes est celle qui aura sa base appuyée sur le granit des réalités, des choses concrètes, qui prendra la nature telle qu'elle est, qui n'en fera ni une bonne chose,ni une chose mauvaise, n'ayant pas pour nous à modifier ses lois selon nos desiderata.

C'est donc dès que l'homme naît qu'il faut étudier ses véritables besoins. Et alors, nous reconnaissons que le végétalisme s'impose, que l'enfant, comme tout petit de mammifère, ne tête plus lorsqu'il a des dents assez fortes, que conséquemment l'enfant n'a nul besoin d'autre nourrice que sa mère, que sa dentition, l'état de son estomac, les dimensions de son intestin placent l'homme parmi les fruitariens.

Ces vérités qu'on semble seulement découvrir, à nouveau, cependant révélées depuis tant de siècles par les plus grands philosophes, ne sont pas cependant le produit de découvertes géniales, le simple bon sens nous les fait admettre, mais voilà, les petites questions de détail, de goût, d'habitude, d'entraînement nous cachent, dissimulent les grandes lois générales, nous n'avons pas une grande ligne de conduite, nous sautons pour ainsi dire d'un pavé sur l'autre, nous vainquons les difficultés journalières, nous franchissons les obstacles qui naissent dans notre marche, nous marchons ...nous marchons ...nous vivons.
Le végétalisme n'est donc qu'une partie de la doctrine unique qui guidera vraiment l'homme.

Le primitif, l'ancêtre vivait comme nous voyons vivre l'animal dans nos plaines, nos bois, dans l'air, sous les eaux ; l'ancêtre vivait libre.
Lequel de nous, riche, pauvre ne s'est pas quelquefois arraché à la tâche coutumière et levant la tête ne s'est pas écrié : " Que les bêtes sauvages sont heureuses !". Qui n'a pas envié le sort de l'oiseau franchissant isolé ou en troupe l'immensité, qui ne s'est pas surpris à jouir du spectacle des lapins de garenne jouant dans la clairière !

Où est cette liberté, cette vie naturelle, normale que nous envions comme le lot de tout être ? Non seulement nous sommes les galériens d'une société qui a détruit toute liberté en nous dotant de besoins raffinés et de devoirs écrasants, mais encore, cette vie noble de l'animal nous l'avons transformée en une vie pire que la nôtre quand nous avons pu le réduire en captivité.

" La terre est couverte de ténèbres et remplie de repaires de violence " nous enseigne l'Écriture et nous savons que le veau qui vient au monde n'a droit qu'à soixante centimètres de corde. Sitôt né, sitôt attaché. Rivé au mur pendant des mois, des années, voilà la vie naturelle que nous faisons à un pauvre être innocent !

Partout où il y a une chaumière, une ferme s'élève un lien de tourment ! les bêtes sont enchaînées nuit et jour, les boeufs, les chevaux s'exténuent sous le joug, dans les brancards le jour, la nuit on les rive au mur !

Ah elle est belle la paix des campagnes. Les poètes peuvent la chanter!
Allons donc, ouvrons les yeux, arrière le mensonge! L'homme est le fléau de la terre, partout où il pose le pied il enchaîne, il emprisonne, il exploite.
Le végétalien ne reconnaît pas à l'homme le droit de dominer, d'abuser de sa force sur des êtres sensibles au même titre que lui, s'il est obligé de se débarrasser d'un parasite, d'un ennemi, il le fait le plus vivement possible en abrégeant autant que faire se peut la souffrance.

Il sait qu'à la base de la vie il y a la lutte et la loi du moindre effort, il ne part pas d'une idée préconçue, il observe que l'individu ne poursuit que son propre bonheur, qu'il est inconscient du malheur d'autrui, que pour survivre il faut vaincre, mais il sait que la brute, déjà chez les animaux supérieurs, a quelquefois un instinct qui le pousse à des actes d'entraide, de solidarité, il sait que lui, être intelligent, compréhensif, clairvoyant peut et veut être un agent de bien sur la terre, il s'élève au dessus de la brute parce qu'il veut être un dieu bon et non un dieu farouche, sanglant, dominateur et cruel il comprend la solidarité qui le relie aux autres êtres parce qu'il comprend leurs souffrances. Il ne tient pas à conquérir, n'oubliant pas que l'on est presque toujours possédé par sa conquête la liberté réside peut être dans le moindre besoin de possession. Il ne se ravale pas à dominer, non parce qu'il se donne un but sur terre autre que celui de vivre heureux, mais parce qu'il sait que cette espérance d'un peu de bonheur ne peut être le fait du malheur, de l'asservissement de l'animalité.
A l'élevage des animaux le végétalien préfère celui des enfants. Le système antique de vivre des bêtes, parmi les bêtes est une collaboration dont aucune partie n'a tiré de bienfaits. L'humanité ne se développe pas, concurrencée qu'elle est par l'animalité. Ce n'est pas seulement en Irlande que le mouton ce sot animal a flanqué l'Irlandais à la mer. Partout où vit l'animal domestique, la terre devient rare. I1 faut à un cheval, à une vache un hectare de terre pour vivre. Sur un hectare 3 hommes y vivraient, mais on donne à l'animal du grain, des produits de toute sorte et des kilos qu'il consomme il nous rend des grammes.

A Bascon, petite société communiste où nous sommes tous végétaliens, une dizaine en hiver et une vingtaine en été, nous nous trouvons très bien du régime et du système de vie sans animaux domestiques.

Les faibles de volonté pour justifier leur conduite c'est à dire la masse des hommes donnent à l'action du milieu social une action qu'elle n'a pas. Moi, individualiste, je sais fort bien par la comparaison de ma vie antérieure et de ma vie présente que l'éducation individuelle crée le bonheur et que l'addition des individus libres et conscients crée le milieu adéquat.
Les multiples exemples de vie collective de toutes sortes d'insectes et d'animaux nous démontrent bien que telle est l'organisation intime du sociétaire, telle est l'organisation de la collectivité. La ruche est bien le produit de la collaboration des abeilles, elles ont un caractère, des attributs spéciaux, particuliers dont bénéficie la collectivité, chacune joue le rôle que son organisme lui a dévolu. La vie collective n'est même que le produit des caractères, des attributs, des fonctions individuelles conjuguées.

Si les voisins du groupe communiste ne vivent pas en communisme, c'est parce qu'ils ne le veulent pas. Même base de la vie paysanne en France, en Italie, en Russie, etc., en Amérique, partout enfin dans les pays civilisés, c' est que les paysans individuellement le veulent, rien ne peut les empêcher d'unir leurs efforts, de supprimer les bornes, de cultiver en commun, c'est faux de dire que la propriété individuelle est imposée par le milieu.

L'individu crée son milieu, les transformations individuelles font les transformations du milieu, il ne faut pas que l'on continue à envisager le végétalisme comme un système thérapeutique, le végétalisme est une partie de la doctrine de libre examen qui transformera le monde.

Le guide de l'homme est un ensemble de petites vérités; chaque jour nous combattons pour rejeter une part d'erreur; la science, l'expérience sont pour tous le moyen d'investigation sérieuse, c'est guidés par leur conjugaison que nous pouvons seulement espérer vivre moins mal que nos ancêtres.
Quant à moi, je cherche à réparer le mal que j'ai fait dans le cours de ma vie antérieure. Certainement j'ai commis les mêmes erreurs, les mêmes fautes que mon père, que mes aïeux, que mes fils commettront, les jeunes suivent le même chemin, le même processus que leur aînés, quoi qu'on dise et quoi qu'on fasse les mêmes sottises seront faites, à une variante près, mais c'est cette variante qui est formidable, rien n'est révolutionnaire comme elle, sans elle rien ne se transforme.

Mais déjà du jour où un homme d'omnivore devient végétalien, de ce jour la souffrance est abolie des animaux qui devaient naître, pour être condamnés au martyre de l'esclavage toute leur vie, ne naîtront pas. Que peut faire un misérable homme de plus beau, de plus noble, de plus grand que de vivre sans faire souffrir. Savoir que l'on vit sans être cause de souffrance, c'est avoir fait un pas conséquent dans le domaine de la connaissance.

Vivre du produit de sa bêche, seul au fond d'une retraite, ignoré sans doute, c'est s'élever aussi haut que l'homme puisse s'élever, ne lui demandons rien de plus, si au surplus il aide encore quelque autre à l'imiter, alors il est plus grand que les plus grands, il est le sel de la terre, les peuples omnivores en restant le fléau.

Avant de terminer cette causerie je veux vous faire saisir les conséquences immédiates du végétalisme dans les relations d'un homme.
Je connais beaucoup de coopérateurs de Château Thierry, ville près de laquelle j'habite. Je suis d'esprit foncièrement coopérateur et prône la coopération. Un jour un camarade m'interpelle. Pourquoi ne fais tu pas partie de la coopérative de consommation ? Mon vieux, pourquoi ferais je partie de la coopérative puisque je n'ai rien à lui acheter, j'achète mon huile, mon savon en gros et n'achète nulle part à peu près rien d'autre. Je ne consomme ni vin, ni café, ni liqueurs, ni sucre, pas d'épicerie, pas de conserve, pas de viande. Tu vois que si les gens faisaient comme moi non seulement la coopérative n'aurait pas lieu d'être, mais les commerçants, qui comme des araignées derrière leur toile, guettent le client, feraient maigre chère. Si les gens devenaient végétaliens, que de boutiques fermées, de l'épicier au boucher! La mort du commerce gros et de détail. Quel chambardement, quelle calamité !

Rien ne prévaudra contre ceci .
L'individualisme éclairé pratiquant le végétalisme transforme le milieu en se transformant lui même.

Nous savons bien qu'il n'est pas de sauveur suprême, que produits d'une nature implacable, membres d'une société autoritaire les hommes ne sont pas forcément bons, ils ne sont que ce que les a fait l'évolution, nous savons bien que nos tares ne disparaîtront pas de sitôt, nous pensons seulement qu'elles s'atténueront par la pratique d'une vie plus rationnelle. Si nous faisons de la propagande pour un système qui permet à l'homme de vivre sur une plus petite étendue de terre, c'est que cette doctrine diminue les causes de la dite lutte, facilite l'harmonie.

Les hommes voudraient bien que les sentiments généreux qui sont au fond de chacun d'eux puissent s'épanouir en actes bienveillants, mais l'exigence des besoins matériels impérieux réduit l'action généreuse à bien peu de chose et la bestialité suit son cours : tous les peuples, toutes les classes sont en proie aux mêmes appétits, dans tous les temps causent les mêmes douleurs.
En évitant les causes de compétition seul le végétalien est agent de moindre mal, c'est tout ce qu'il peut faire et c'est énorme.

Source : LE NEO NATURIEN, n°8 , novembre 1922.

dimanche 20 mai 2007

LE TEMPLE DES RATS




Le rat monture du dieu Ganesha, le dieu du Savoir à tête d’éléphant, est vénéré dans le temple de Karni Mata à Deshnoke, près de Bikaner au Rajasthan.
D'après la légende, Karni Mata, une incarnation de Durga qui vécut au XIV ème siècle, demanda à Yarma, le dieu de la mort, de rendre la vie au fils d'un conteur. Devant le refus de Yama, Karni Mata réincarna tous les conteurs défunts en rats, privant ainsi Yama d'âmes humaines.

Les dévots les plus convaincus mangent certains mets réservés aux rats sans craindre les maladies. Les fèces des muridés, qui se mélangent aux aliments, ne rebutent pas ces âmes pieuses. Certaines personnes affirment que durant l’épidémie de peste bubonique de 1927 le temple de Karni Mata fut miraculeusement épargné.

SHREE KARNI MATA TEMPLE www.karnimata.com

samedi 19 mai 2007

Les animaux de Léo



1966, Léo et Madeleine Ferré vivent dans le vieux château de Perdrigal dans le Lot. Pépée, une femelle chimpanzé, est la véritable châtelaine.
Le couple est entouré d’animaux, de nombreux chiens, une cinquantaine de chats, quarante moutons, des vaches, un poney, un cochon, un veau sauvé de la mort par Madeleine.

samedi 17 février 2007

PATRUL Rinpoché désapprouvait les offrandes rouges


Patrul Rinpoché (1808 – 1887) était l'un des maîtres les plus remarquables de son époque. Détenteur de multiples traditions, et particulièrement de « L'Essence du cœur de l'immensité » reçue de ses maîtres Jigmé Gyelwé Nyougou et Do Khyentsé, il préféra à la fonction monastique la vie intransigeante du yogi errant.

« Quand nos religieux se rendent chez un donateur, ils ne se soucient guère du nombre de moutons que l’on a tués pour les leur servir. Ils mangent gaillardement, sans la moindre appréhension. En particulier, lors des rituels pour les protecteurs et des prières-offrandes ils déclarent qu’il faut, comme « ingrédients », de la viande pure. Ce qu’ils considèrent comme telle, c’est la chair et la graisse fumante et sanguinolentes d’un animal qu’on vient juste d’abattre. Et ils en décorent tous les tormas et toutes les offrandes… Cette façon d’agir terrifiante et agressive est semblable aux rites des bönpos et des tirthikas, elle n’a rien à voir avec la tradition bouddhiste. Dans la tradition bouddhiste, quand on a pris refuge dans le Dharma, on renonce à nuire aux êtres. Or si, partout où l’on va, on laisse un animal être tué pour jouir de sa chair et de son sang, ne va-t-on pas à l’encontre des vœux de la prise de refuse ? »
Le Chemin de la Grande Perfection

mercredi 7 février 2007

FOIE GRAS ET TANTRISME TIBETAIN

Un jour, un bouddhiste tantrique, initié d’une secte tibétaine à la mode, se délectait d’un steak en expliquant benoîtement que son seigneur et maître, un lama rinpoché célèbre, l’avait encouragé à ingurgiter toutes sortes de viandes. « Les animaux, disait son gourou, qui ont la chance d’être dévorés par les hommes évolueront plus rapidement vers l’humanité. »
Le même initié tantrique célébrait aussi des TSOK, cérémonies d’offrande de nourritures, dont les effluves enchanteraient les bouddhas et les démons protecteurs du dharma. Après la cérémonie, les initiés, une majorité de Bobos, mangeaient les offrandes constituées, entre autres et selon les promotions, de salaisons de montagne, saucisson des Alpes, jambon de Savoie et même de foie gras du Sud Ouest.

mardi 6 février 2007

BOUDDHISME ET VEGETARISME


Les systèmes religieux sont souvent hypocrites et le bouddhisme n’échappe pas à ce constat.
La majeure partie des ecclésiastiques savent emberlificoter leurs ouailles pour se faire entretenir et jouir des plaisirs de l’existence. L’ARGENT, LE SEXE ET LA BONNE CHERE ont souvent une grande importance dans la carrière de puissants prélats professionnels. Les charges religieuses sont héréditaires dans des courants du bouddhisme tantrique tibétain. Il existe des dynasties de gourous autocrates dans les courants NYINGMA, SAKYA…
Les dérives du bouddhisme sont divulguées dans le site http://bouddhismes.info/3.html
Les légats du bouddhisme, porteurs de titres et de charges religieuses, sont rarement très précis en matière de végétarisme. La souffrance animale ne leur inspire qu’une rhétorique alambiquée.
Le Dalaï-lama n’est pas végétarien malgré ses efforts épisodiques pour renoncer à l’alimentation carnée. Il prétend que le végétarisme nuit à sa santé. Les végétariens savent que l’arrêt de l’alimentation carnée provoque parfois des réactions du corps. Il s’agit de petites « crises » de détoxication considérées à tort par les carnivores impénitents comme des symptômes morbides.
L’expérience spirituelle authentique ne comporte aucune ambiguïté sur la question des condition d’élevage, de transport et d’abattage des animaux. Des femmes et des hommes, après avoir trouvé l’usage de la faculté de ressentir la totalité du vivant, sont devenus spontanément végétariens. Leur compassion n’a pas besoin de textes religieux pour s’épanouir. Toutefois, les malheureux bouddhistes, privés de cette intuition fondamentale, trouveront dans le LANKAVATARA SUTRA, un texte majeur du MAHAYANA, un prêche véhément en faveur du végétarisme. L’édition en français de ce SUTRA est récente.
Le Bouddha dit : « MAHÂMATI, ceux de mes disciples qui se nourrissent de viande font rire les profanes qui murmurent : quels sont ces renonçants qui s’exercent à la pureté en ne se nourrissant pas comme les dieux et les ermites mais plutôt comme les bêtes féroces en parcourant le monde pour se remplir la panse ? Ils ne font qu’effrayer les autres en spoliant la pureté de leur voie à tel point que l’on peut se demander si le bouddhisme est vraiment une méthode de contrôle de soi. »
( « Soûtra de l’Entrée à Lankâ, lankâvatâra », traduction de Patrick CARRE, Fayard.)

De nos jours, la consommation de viande est responsable de méthodes industrielles d’une cruauté inouïe. Des images existent. La vidéo ci-dessous (Rinpoché, la souffrance animale n'est pas une illusion !) est déconseillée aux personnes sensibles.

samedi 3 février 2007

NUDISTE ET VEGETARIEN LE MOINE JAINA N'A RIEN.









NUDISTE ET VEGETARIEN, le moine JAINA de la secte DÎGAMBARA est un non-violent. Il n’a d’autre possession qu’un récipient à eau et un balai de plumes, insignes de son état. Il utilise le balai afin d’épargner la vie des insectes qu’il croise sur son chemin. Le moine jaina est un végétarien si scrupuleux qu'il s'abstient même de consommer certains légumes considérés comme trop vivants. Les jaina construisent des hôpitaux pour les animaux.
Le culte des ascètes se réduit à une concentration mentale et des formules d'hommage. Un tel dépouillement n’existe pas dans le VAJRAYANA, le bouddhisme tantrique. Un lama tibétain possède de nombreux objets religieux : AKSHAMALA (chapelet), GHANTA (cloche rituelle), VAJRA, DAMAROU (petit tambour), VAJRAKILA (dague rituelle), PUSTAKA (textes sacrés), KANGLING (trompette fabriquée à partir d’un fémur humain)… Durant son noviciat dans une lamaserie européenne, le sociologue Marc BOSCHE a utilisé ce fémur humain pour célébrer le rituel du TCHEU (la découpe) : "A chaque fois que j’ai eu cet os en main, et surtout à portée de bouche, une atroce nausée me saisissait." Son récit est dans REGARDS CROISES.