dimanche 16 mai 2010

Rebelles et végétariens


Quand l’actualité est décryptée par les adversaires du nouvel ordre mondial, la morosité est trop souvent au rendez-vous. Or, la dénonciation universelle des banquiers aigrefins et de la mafia politico-financière est en quelque sorte une victoire, savourons-la…

Avec un peu de chance, l’adoption de la loi Glass-Steagall réglera peut-être la crise actuelle. Quoi qu’il en soit, nous savons que les oligarques malfaisants qui dirigent le monde sont aux abois. Le crépuscule des dieux prédateurs et la fin du cycle noir sont annoncés par d’anciens textes. Ceux qui ne sont pas enlisés dans le matérialisme ou subjugués par un spiritualisme frelaté ne se soumettent pas au nouvel ordre mondial. Ils découvrent la spiritualité naturelle et adoptent souvent le végétarisme.

« Le désir de ne pas tuer est une prise de conscience cruciale qui est souvent fondé sur une sensibilité spirituelle, écrit Joël Labruyère.
Par contre, le motif diététique est souvent égoïste, et ne provient pas d’une prise de conscience spirituelle. Il est donc plus fragile, et il peut n’être qu’un effet de mode, une simple recherche d’un meilleur régime. Il semble que cette démarche soit celle des célébrités qui affichent leur végétarisme.
A l’opposé, il y a le végétarisme spirituel fondé sur des raisons ésotériques.
Le mobile pour s’abstenir de viande est lié ici au tabou sur le sang, lequel porte des éléments d’animalité qui freinent la croissance spirituelle. En effet, celui qui renonce à la chair animale tente de se soustraire aux effets karmiques liés au meurtre des animaux, et c’est déjà un facteur d’allégement. Mais il désire également purifier son sang des éléments qui ralentissent le taux vibratoire de la conscience. Car le sang et la conscience sont intimement liés. Absorber le sang animal c’est mêler sa conscience avec une forme de conscience étrangère, ce qui exige un effort d’assimilation, et un mélange peu favorable à la libération de l’esprit. Le sang animal est chargé de toxines générées par la peur et la souffrance enregistrée lors de la mort. Cette mort est souvent violente et terrifiante, soit dans l’enfer abominable de l’abattoir mais aussi après la fuite et la lutte s’il s’agit d’un gibier de chasse.
Le sang est porteur des propriétés animiques et c’est pourquoi la Bible stipule à sept reprises (Lévitique et Deutéronome) qu’il ne faut pas absorber le sang avec la chair. Ces règles semblent avoir été écrites pour des illettrés dans la civilisation judéo-chrétienne. On réalise, malgré le tabou sur le sang, combien les hommes aiment absorber de la viande avec les éléments animiques qu’elle contient. Le régime casher, hypocrite au demeurant, vu le rituel d’abattage préhistorique en usage dans le judaïsme ou l’islam, n’y change pas grand chose.
Le végétarisme spirituel est le seul qui puisse se justifier entièrement car dans la nature soumise à la loi de la jungle, la plupart des espèces se dévorent mutuellement. L’homme carnivore ne se détache donc pas du lot commun. Il n’est qu’un prédateur parmi les autres, et c’est pourquoi le végétarisme constitue le premier pas pour sortir de la bestialité.
Toutefois, l’être humain qui se considère comme un animal supérieur a bien le droit de tuer et de manger de la viande, car il sait que la vie le tuera également et qu’elle donnera son corps en pâture aux vers. Mais il ignore que l’esprit collectif des animaux qu’il a tué (ou fait tuer) se vengera karmiquement sur lui et ses semblables.
Le végétarien fait l’économie de cette vengeance, car l’esprit groupe des animaux enregistre une réaction neutre à son égard.
Le végétarisme apporte donc des avantages à plusieurs niveaux. Mais le plus important est la purification du sang qui entraîne une élévation vibratoire de la conscience. Ainsi les forces spirituelles trouvent plus d’espace dans l’être, ce qui ne procure pas de pouvoir particulier, mais permet à l’âme de se dégager des emprises lourdes liées au meurtre, à la vengeance karmique, et à l’animalité chargée de peur et d’instincts primitifs.
Pour s’approcher des rayonnements spirituels supérieurs, il faut abandonner l’instinct de la bête en nous, et ne plus tuer les animaux. C’est le premier pas. » (Undercover n°16)

Photo :

Une performance d’Animaturalis http://www.animanaturalis.org/

vendredi 9 avril 2010

Lamas végétariens


Bonjour Félix,
En faisant des recherches au sujet de Patrul rinpoché sur Internet après avoir lu qu'il avait été végétarien, ce que je ne savais pas, j'ai trouvé de bien belles choses qui m'ont beaucoup étonné à ce sujet. On nous raconte toujours que le Vajrayana n'a que faire du concept de végétarisme et hélas beaucoup de maîtres s'en fichent mais nombre d'autres, et parmi les plus illustres, ont prouvé et prouvent le contraire.
Comme vous je considère que l'on ne peut pas se dire totalement éveillé et spirituel si l'on n'est pas végétarien, c'est une évidence et la consommation de viande sans aucune raison valable décridibilise beaucoup de maîtres, en plus de leur apporter une très mauvaise santé et du cholestérol...
Je tenais donc à partager avec vous ces quelques sites où l'on trouve des textes intéressants,notamment celui de Chatral rinpoché et celui du grand Nyala Pema dudul qui réalisa le corps de lumière.
Il est d'ailleurs étonnant à ce sujet de se dire que Namkhaï Norbu se réclame directement de sa lignée spirituelle. A-t-il déjà lu ce texte ? Certes, Tchangchoup Dorjé, son maître principal et disciple de Duddul consommait apparemment de la viande mais les conditions de vie au Tibet était différentes de celle que l'on trouve en Italie ou aux Etats-Unis.

On notera à ce propos les commentaires sensés du Dalaï-lama repris sur le site amitabhaterrepure, le Dalaï-lama qui n'est lui-même pas végétarien "pour des raisons de santé" dit-il mais qui fournit tout de même là d'intéressantes réflexions et une certaine explication relative aux fameux "5 nectars" du kalachakra qui inquiètent beaucoup et que vous citez souvent sur votre blog, bien qu'il n'aborde pas le sujet franchement.
Quoi qu'il en soit ces textes peuvent être utiles, n'hésitez pas à les faire connaître.
Bien à vous.
Douny





Shabkar Tsogdrouk Rangdrol (1781-1851) était un esprit libre. Il vécut en ermite et en pèlerin, sans foyer ni biens, loin de toute institution monastique. Dans une ode au coucou, Shabkar dénonce la cupidité des lamas :
« … Ils prétendent veiller sur leurs monastères, coucou !
Mais ils amassent des biens
Et ne partagent aucune donation avec la communauté, coucou !
Tels sont les lamas des monastères, coucou ! »

Shabkar lutta toute sa vie contre le mal fait aux animaux, il écrit :

« La viande est une source d'obstacles sur la voie. La consommation de viande est très certainement une cause de souffrance pour les autres ; aucun autre aliment n'est la source d'une si grande souffrance (...) tous doivent s'abstenir de manger de la viande. Nous devons considérer la viande comme impure et comme la chair de nos propres parents et enfants. Nous devons considérer la viande comme du poison. »

Les textes de Shabkar sur la consommation de chair animale sont réunis dans « Les larmes du bodhisattva ».

« On trouvera dans ce livre, précise l’éditeur, la traduction de deux textes de Shabkar Tsogdrouk Rangdrol : d'abord un extrait des Merveilleux Ecrits émanés, une anthologie de citations canoniques et de commentaires tibétains sur les méfaits liés à la consommation de chair animale, puis un essai intitulé Ambroisie d'immortalité, sur la nécessité de cultiver une compassion authentique pour tous les animaux. On comprendra ainsi que, selon les enseignements du Bouddha, il n'est pas nécessaire de réprimer par la volonté son attirance pour la viande, mais au contraire de retourner à la bonté naturelle du cœur. »


mardi 5 janvier 2010

La compassion d’un initié carnivore


En 1998, au centre tibétain de Lérab Ling, fief du maître tantrique Sogyal, je déjeunais à côté d’un jeune occidental, un initié du vajrayana secret et de surcroît un Dzogchenpa confirmé.

Le jeune méditant avalait goulûment un énorme roast-beef. Etonné par une telle voracité, je demandai à l’initié carnivore de m’éclairer sur le régime alimentaire des grands méditants. Il me rétorqua avec une expression de mépris, il avait vu le contenu de mon assiette qui trahissait le végétarisme des profanes :
« Notre maître, le vénérable Namkhaï Norbu Rimpoché, nous incite à manger de la viande par compassion pour les animaux. En effet, en mangeant la chair des êtres inférieurs nous les aidons à progresser. Leurs énergies subtiles se bonifient durant la digestion de leur chair. »

Le raisonnement de l’initié me laissa sans voix. Avait-il conscience qu’une telle théorie autorise la pratique du cannibalisme rituel ? En prétextant la compassion on peut satisfaire toutes sortes d’obscures pulsions. Au nom de l’amour de Dieu, des religieux pervers ont fait dénuder, torturer et brûler d’innocentes femmes accusées de sorcellerie.

Quelques mois plus tard, j’apprenai que le lama Namkhaï Norbu, grand carnivore devant Padmasambhava, le prophète du Vajrayana, souffrait d’une grave maladie. Il échappa à la mort grâce à la science moderne et à de nombreuses transfusions sanguines. Le sang des profanes sauva le grand maître tibétain.

Des initiés, convaincus que le carnivorisme est un acte de compassion, seront peut-être plus sensible à la qualité des chairs qu’ils ingurgitent.





Photo : Namkhaï Norbu

samedi 31 octobre 2009

La culpabilité sanguinaire de la chrétienneté

Sir WILLIAM EARNSHAM COOPER
Traduit de l’Anglais par J. Charpentier
Livre rare - Edition 1930

Préface :

Pouvons-nous tuer pour nous nourrir ?

Dans tous les champs ouverts aux polémiques il n’est pas de question plus communément discutée que celle de la Nourriture de l’Homme, et aussi de si peu comprise. Dans les temps anciens, autant que de nos jours, le sujet « l’Homme, et sa Nourriture » a été des plus riches en controverses.

Aussi bien dans l’ancienne terre de Cham, et plus à l’Est encore, en Syrie, en Perse, aux Indes, en Chine que dans les Iles Japonaises, la nourriture de l’homme occupa le temps et l’attention de plus d’un écrivain, tandis que Moïse, et les héritiers descendants d’Israël, reconnurent l’importance de la question 1500 ans avant J.-C. Dans le dernier cas le Code des Lois élaborées sur la question de la nourriture des gens, Lois qu’ils promulguèrent dans les livres du Pantareuque, prouvent l’importance que le Grand Législateur des Israélites accordait à la question.

Plus tard, Grecs et Romains, sous l’influence de leurs poètes et de leurs philosophes : Hésiode, Pythagore, Socrate, Plutarque, Ovide, Apollonius, Sénèque et autres donnèrent une prédominance considérable au sujet, et, en fait, marquaient leur opposition par leur abstinence personnelle et par leurs dénigrements publics, de la coutume de se nourrir de chair animale. Ils combattaient le fait que d’abattre sans nécessité d’autres êtres, pour quelque raison que ce fût, n’était rien moins que cruel et injuste et indéfendable à tous points de vue; cependant que de manger le corps des victimes assassinées était outrageant pour le moindre sens moral, rendant impur et sale de sang la matérialité du corps, et profanant tout ce que la nature humaine peut avoir de divin. Ces philosophes anciens et ces savants de l’antiquité étaient si puissamment influencés par l’importance du sujet, que les uns et les autres recommandaient de toutes leurs forces dans leurs écrits, et pratiquèrent pendant leur vie, l’abstinence de toute chair animale de quelque sorte, comme l’essentiel des principes fondamentaux de moralité considérant les obligations de l’Homme vis-à-vis de la Grande Famille Universelle. Ces éducateurs des temps anciens sont traités de « Païens » par les Chrétiens. Il n’en est pas moins concevable qu’ils eurent au moins une conception plus juste des Devoirs de l’Homme et de ses obligations envers lui-même, ainsi qu’à l’égard de la famille des êtres inférieurs, que n’en eut jamais la vaste majorité des peuplades chrétiennes jusqu’à nos jours.

Vivre, comme tant d’entre eux le firent plusieurs siècles avant J.-C. ferait croire que ces penseurs d’une époque passée étaient imbus à l’excès de la droiture morale qui les rendait capables de discerner la Vérité vivante ou pour le moins le respect de celle-ci. Et s’ils contribuèrent à la formation d’une conception plus large et plus généreuse de la place de l’Homme dans la Gravitation Universelle, en lui assignant sa véritable place au milieu de l’immense scène de mosaïque de la Vie il n’y a plus lieu de s’en étonner.

Quoi qu’il en soit, ils étaient grandement pénétrés de l’idée que le fait de tuer pour un Homme et de manger un être, quel qu’il soit, de la famille des inférieurs était répréhensible à quelque point de vue que la question pût être examinée : Physiquement - parce que hygiéniquement dangereuse à la santé du corps ; économiquement - parce que poussant à la génération d’appétits et de passions, entraînant la corrosion et la destruction des fibres physiques et morales de l’individu ; moralement - parce que hors de toute droiture ; spirituellement - parce que profanant ce qu’il y a de divin chez l’Homme et retardant son développement parallèlement aux sphères les plus élevées des êtres.

Hésiode, qui apparut environ neuf cents ans avant le Christ, fut un des premiers de la grande lignée des Penseurs Grecs qui, se rendant compte de l’énorme importance d’un régime salutaire qui fût exempt de cette chair animale corruptive, n’eut de cesse dans ses efforts pour l’établissement d’un système d’alimentation rationnel au sein de ses compatriotes.

Que dis-je, si certain était-il de l’effet inspirateur, émulateur et vitalisateur d’une abstinence si simple et si naturelle, que de fait il alla jusqu’à dépeindre dans ses poèmes des jours alcyoniens pour ceux qui adopteraient et adhéreraient à une diète ne comportant que les généreux et vivifiants fruits de la terre. Alors il était loin de la vérité ou inexact dans ses conclusions puisque sur le fameux plateau d’Arcadie, au milieu du Péloponèse, vécurent pendant bien des siècles ces Arcadiens que célébrèrent les Grecs pour leur simplicité de caractère et la hardiesse de leur structure. Race industrieuse et rustique, ils n’en étaient pas moins considérés comme guerriers courageux et adroits et musiciens de talent et étaient représentés par les poètes grecs comme menant une existence idéale. Beaux par le corps ; corrects dans leurs attitudes morales; intrépides et courageux au combat; nobles et tendres dans la paix de leur vie rustique, les Arcadiens défendaient avec une grande sincérité leur régime alimentaire.

Les Arcadiens étaient de purs végétariens.
Jamais ils ne mettaient cruellement à mort les animaux pas plus qu’ils n’infectaient leur corps de la chaire saignante de leurs amis inférieurs.

Environ quatre cents ans après Hésiode apparut Pythagore et l’on ne vit jamais philosophe plus sage sur terre ; parlant de lui, le Dictionnaire classique Lemprières le définit comme suit « Comme ses contemporains, il acquit de bonne heure la poésie et la musique ; il s’adonna à l’étude de l’éloquence et de l’astronomie ; et dans les exercices physiques il emporta souvent la palme pour sa force et sa dextérité. Il se révéla pour la première fois en Grèce aux Jeux Olympiques, où il obtint à 18 ans le prix de lutte.

« Pythagore était admiré pour son aspect vénérable, sa voix harmonieuse, son éloquence persuasive, et la réputation qu’il acquit par de grands voyages et par les lauriers qu’il obtint aux jeux Olympiques était des plus saines en grandeur et en importance... Il ne vivait que d’une nourriture des plus pures et des plus innocentes... et apparaissait bien supérieur au reste de l’humanité. Il défendit à ses disciples de manger de la viande... Ils rafraîchissaient leurs corps d’une alimentation légère et frugale. Son système de l’univers, au centre duquel il plaçait le soleil, et autour toutes les planètes se mouvant en des orbites elliptiques, était jugé chimérique et invraisemblable, cependant les recherches approfondies et les traités philosophiques du XVIe siècle en démontrent la justesse et l’incontestabilité.

L’école fondée par cet ancien et éminent philosophe est reconnue de nos jours comme étant édifiée sur le plus pur système de l’éthique et des sphères les plus élevées de la pensée, et ses disciples - les Pythagoriciens, furent si respectés et si admirés qu’ils occupèrent beaucoup de situations des plus élevées de la législature et des administrations de leur pays. Dans son système de la théologie les croyances religieuses de Pythagore étaient pratiquement celle des temps modernes. Il soutenait que l’Univers avait été créé d’un chaos sans forme de la matière par quelque Vitre tout puissant qui était Lui-même, l’animateur et l’âme supérieure, et de la substance immortelle de laquelle l’âme des hommes n’était qu’Atome. Il était un croyant de la doctrine de réincarnation, et un bienveillant adepte de la métempsychose. Ayant vécu cinq cents ans avant le Christ il ne connut rien du Maître, mais eut-il vécu au temps de Jésus il y a tout lieu de supposer qu’en raison de sa haute valeur de moralité, la pureté de sa vie, son dégoût de l’injustice et son amour de l’indépendance, son horreur de la cruauté, la compassion et la tendresse qui le caractérisaient eussent fait de lui un ami du Grand Nazaréen. Tel était Pythagore - un homme des temps anciens, mais encore un homme qui a survécu dans l’esprit libres penseurs modernes, presque autant qu’il vécut dans la pensée de ses propres élèves - parce que ses pensées philosophiques n’étaient que la Vérité Vivante qui ne peut mourir.

Mais Pythagore ne fut pas le premier avocat d’un régime exempt de sang, ni son premier propagateur. Poursuivons néanmoins, nos investigations plus avant, à partir de l’époque de ce célèbre professeur d’un système d’alimentation des plus purs - inter alia - plutôt qu’en arriére vers les temps éloignés.

Socrate, Platon, Plutarque, Ovide et Apollonius de Tyane continuérent la propagande contre le meurtre des animaux pour la nourriture de l’homme jusqu’au temps du Christ, tandis qu’après cette période, celle-ci trouva beaucoup d’avocats.

Sénèque la poursuivit jusqu’au 1er siècle, et, après cette époque, de nombreux Péres de l’Eglise s’abstinrent de se nourrir de chair, dénonçant avec force son emploi. Parmi les plus notables d’entre eux, nous trouvons Tertullien, de Carthage ; Clément d’Alexandrie ; Chrysostome, d’Antioche, et bien d’autres. Des philosophes, par douzaines, avant et après le Christ, condamnèrent cette pratique en termes véhéments, tandis que des écrivains raffinés, tels que Ménandre, Héraclite et Pindare en stigmatisèrent l’habitude comme conduisant à la grossièreté, et Porphyre mena la guerre contre les aliments carnés bien avant le IVe siècle.

Pour en venir à des temps plus rapprochés, un nombre sans cesse croissant de penseurs reconnut la nécessité d’une étude plus profonde de ce qu’est pour l’homme sa nourriture, et ils ne s’épargnèrent aucune peine dans la poursuite de leurs recherches et dans la démonstration des résultats obtenus à leurs contemporains. Ces travailleurs pour le bien commun sont de conditions différentes, et variées également s’attestent leurs façons de traiter un sujet qui présente plus d’aspects que n’a de facettes un diamant bien taillé. Des scientistes, des pathologistes, des physiologistes, des biologistes, des naturalistes, des philanthropes, des humanitaires, des économistes et d’autres encore, ne se réclamant d’aucune profession, prennent part â cette recherche. Il est donc hors de doute que, dans un avenir prochain, l’homme dans la rue saura au moins quelque chose d’un sujet qui, au regard de son être physique, se révèle d’une importance plus réelle que tout autre touchant sa vie sur cette planète.

En admettant alors que la « nourriture de l’homme » offre un sujet convenable aux investigations, il sera intéressant de rechercher la trace des causes du système alimentaire prévalant parmi certaines parties des peuples chrétiens, car il est digne de remarque que l’alimentation carnée n’est pas générale chez les races de la Chrétienté; on rencontre, en effet, des abstinents dans beaucoup de pays.

Prenons la Bible comme point de départ, et rendons-nous compte de ce que nous trouvons dans ses pages, soit approuvant, soit condamnant la mise à mort des animaux dans un but alimentaire. Et, tout en reconnaissant que, de nos jours, beaucoup font profession d’ignprer et de repousser ce Livre, il est bon, toutefois, de se souvenir que, le Christianisme est néanmoins basé sur lui.

Les points que nous devons étudier ici sont les suivants :
1) Au commencement, Dieu créa-t-il l’homme, et ne réglementa-t-il pas sa nourriture ?
2) Si Dieu indiqua à l’homme sa nourriture, pour quelle raison l’homme rejeta-t-il l’ordre de Dieu et usa-t-il d’aliments défendus ?

Le premier point peut être ainsi résolu : Dans la (Genèse, I-27 et 29), nous trouvons ceci :
Et Dieu créa l’homme à son image; il l’a créé à l’image de Dieu ; il les a créés mâle et femelle. Et Dieu a dit : « Voici que je vous donne toute herbe portant semence à la surface de la terre, et tout arbre qui porte un fruit ayant semence, pour servir à votre nourriture.

Nous voyons ici un ordre bien simple - un commandement si clair qu’il devrait s’imposer à tous. Le Créateur crée sa créature - l’Homme - sachant ce qui est nécessaire au maintien de sa vie corporelle, et ne lui laissant aucun doute quant à ce qu’il doit manger, - Les Fruits de la Terre sont indiqués et mis à part pour la nouvelle créature - l’Homme - et l’aliment, non seulement suffit, mais il appert du contexte qu’il a produit une race de géants qui atteignirent un grand âge. La Genèse V et VII traite de cette partie de la question.

Un examen attentif des cinq premiers chapitres de la Genèse, qui s’étend sur une période d’environ quinze siècles, montre ce fait significatif qu’aussi longtemps que l’homme marcha avec Dieu, ou, en d’autres termes, qu’il obéit à la Loi - à l’égard de l’alimentation dé son corps comme à tous les égards - la race se conserva belle. Mais, à partir du moment où il convoita les choses qui l’éloignèrent de Dieu, ou qui, en d’autres termes, l’incitèrent à contrevenir à la Loi-nourrissant son corps physique d’aliments défendus et, par suite, ne lui convenant pas, entre autres choses - les dissentiments se firent jour et les difficultés commencèrent, ainsi qu’en témoigne le Chapitre VI.

Ceci n’est qu’une allusion brève à une importante question, mais sert néanmoins à montrer que, en tant que race, le peuple israélite s’éloigna de la Grâce, ou que, en d’autres termes, par son rejet d’une nourriture naturelle en faveur d’une nourriture port naturelle, il contrevint à une Loi Naturelle. Celui qui contrevient aux Lois de la Nature en souffre tôt ou tard.

Il n’apparaît pas cependant de la lecture des écrits des autres peuples anciens qu’aucune des races orientales, mentionnées plus haut, ait souffert autant que les Israélites de maladies corporelles. D’autre part, nombreux sont les témoignages qui prouvent ce fait que la plupart des races orientales contemporaines des israélites trouvèrent principalement leur subsistance dans les aliments plus naturels et plus sains fournis par les fruits de la terre.

Mais, qu’il en soit ainsi ou non, l’objet de ce livre est d’indiquer en un langage clair et sans erreur possible que si, dans celui-ci comme dans tous les âges, l’Homme choisit délibérément de vivre principalement de chair animale, imbibée de sang et portant les germes de la maladie, il contrevient par là même, d’une façon flagrante, à l’une des plus grandes lois de la Nature. Celui qui, de son plein gré, contrevient à la Loi - qu’elle soit Morale, Spirituelle ou Naturelle - dans quelques-unes de ses manifestations, doit nécessairement souffrir la punition de son acte de désobéissance.

Ce livre montrera comment, par le massacre d’innombrables créatures de Dieu, créatures sensitives, les peuples chrétiens invoquent Némésis, et combien ils sont profondément marqués des indélébiles taches sanglantes de leurs victimes assassinées.
Source : Victor

vendredi 2 octobre 2009

Bidoche


Fabrice Nicolino, l’auteur de « Bidoche », écrit :

Pourquoi j’ai voulu ce livre

Je suis né pour ma part dans le sous-prolétariat urbain de la banlieue parisienne. Ce n’est pas un lieu rieur. Ce ne fut pas un temps calme. Il m’arriva plus d’une fois de rêver meilleur destin. Mais qui choisit ?

Il reste que, dans les meilleures années de cette époque engloutie à jamais, ma mère préparait le dimanche midi un roast-beef, un rosbif farci à l’ail qui déclenchait chez nous tous, les enfants de cette pauvre nichée, une émeute de papilles.

Un repas peut-il rendre heureux ? Oui. Un morceau de viande peut-il faire croire, le temps d’une tablée familiale, que tout va bien, que tout va mieux ? Oui. J’ai mangé beaucoup de viande. J’ai pris un grand plaisir à mastiquer, à partager avec les miens ce qui était davantage qu’un mets. Je suis mieux placé que d’autres pour comprendre que manger de la viande est un acte social majeur. Un comportement. Une manière de se situer par rapport au passé maudit de l’humanité, et de défier le sort promis par l’avenir.

Je crois savoir ce que manger veut dire. Mais je dois ajouter que, chemin faisant, j’ai changé d’avis et de goût. Modifier ses habitudes estl’une des vraies grandes libertés qui nous sont laissées. Je l’ai fait. Derrière la viande, peu à peu, les morceaux, hauts et bas, se sont reformés, comme dans les dessins animés de mon enfance, qui ignorent tout de la logique triviale de la vie ordinaire.

Derrière une côte de bœuf, j’ai fini par voir un bœuf. Derrière un gigot, un agneau. Derrière un jambon, un cochon. On peut parler d’un choc, immense et lent. L’histoire que je vais vous raconter n’est pas simple, et j’en suis le premier désolé. Elle peut d’autant plus
paraître compliquée qu’elle l’est en réalité. Mais ce n’était pas une raison pour faire un livre pesant. Celui-ci ne devrait pas l’être. On y verra beaucoup d’hommes en action, prenant en notre nom des décisions plus ou moins réfléchies. Avec des conséquences majeures que la plupart ignorent.

Cela explique les tours, détours, ruses et contorsions d’une affaire profonde, qui nous concerne tous. Ce livre sur la viande commande du temps, et de la réflexion. Peut-être est-ce une mauvaise idée de le signaler d’entrée, à l’heure d’Internet et du zapping tous azimuts. Mais c’est ainsi. Au moins ne serez-vous pas trompé sur la marchandise. Il
reste que cet ouvrage peut aussi se lire pour ce qu’il est : une formidable aventure aux conséquences inouïes. Où rien n’était inévitable. Où tout aurait dû être pesé. Ou tout aurait pu être contrebalancé. Une histoire pleine de bruit et de fureur, emplie jusqu’à déborder de qualités qui sont souvent de pénibles défauts.Laissez-vous porter par cette vague venue des temps les plus anciens, et posez-vous les bonnes questions, qui vous rendront fiers d’être des
humains dignes du mot.

Comment des animaux aussi sacrés que le taureau Hap de la plus haute Antiquité sont-ils devenus des morceaux, des choses, des marchandises ?

Pourquoi des techniciens inventent-ils chaque jour, en notre nom, de nouvelles méthodes pour « fabriquer » de la « matière » à partir d’êtres vivants et sensibles ?
Pourquoi leurs laboratoires sont-il aussi anonymes que secrets ?

Pourquoi l’industrie de la bidoche est-elle dotée d’une puissance qui cloue le bec de ses rares critiques ?

À la suite de quelle rupture mentale a-t-on accepté la barbarie de l’élevage industriel ?

Pour quelle raison folle laisse-t-on la consommation effrénée de ce produit plein d’antibiotiques et d’hormones menacer la santé humaine, détruire les forêts tropicales, aggraver dans des proportions étonnantes la si grave crise climatique en cours ?

Qui est responsable ? Et y a-t-il des coupables ?

La réponse n’a rien d’évident, mais elle existe, dans les deux cas. Ce livre vous convie à
une plongée dont vous ne sortirez pas indemne. À la condition de le lire pour de vrai, vous ferez ensuite partie d’une tribu en expansion, mais qui demeure on ne peut plus minoritaire. La tribu de ceux qui savent. Et peut-être même rejoindrez-vous celle qui ne veut plus. A-t-on le droit de se révolter ? On en a en tout cas le devoir.

Je mange encore de la viande. De moins en moins, et désormais si peu que j’entrevois le moment où je cesserai peut-être de le faire. Je ne suis pas un exemple. Je suis exactement comme vous. J’espère en tout cas que nous nous ressemblons assez pour que le dialogue commence. Mais avant cela, il fallait vous faire découvrir le tumulte des relations que nous
entretenons avec notre sainte bidoche. Si ce livre devait servir à quelque chose, il me plairait qu’il permette à ses lecteurs de se demander ce qu’ils mangent. Et pourquoi. Et comment.

Site de Fabrice Nicolino http://fabrice-nicolino.com/index.php

mardi 9 décembre 2008

Le prix d’un animal incompris


Une sensibilité de midinette à fleur de lard et une intelligence supérieure au chien caractérisent le cochon.

La viande de ce martyr de la voracité humaine coûte moins que les légumes. On peut imagine les tortures infligées à cet animal par la racaille productiviste pour rentabiliser les porcheries modernes… Comment sont engraissés les malheureux porcs ?

L’alerte aux porcs contaminés à la dioxine s'étend aux bovins
http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5jzX-SKG8zCgORaqa3kjOv9-n1Ibg

La nourriture donnée aux animaux peut contenir de la dioxine et des tas d’autres poisons.
http://www.notre-planete.info/forums/read.php?12,53550,53614

vendredi 30 novembre 2007

Le végétarisme de Pierre Gassendi




En 1684, paraît la seconde édition de " Abrégé de la philosophie de Gassendi en sept volumes " de François Bernier.

Le philosophe développe ses arguments en faveur du végétarisme (tome V, livre VII, chap. IX : " Des aliments naturels ").

L’homme n’est pas naturellement carnivore : six arguments pour ne plus manger de viande.


" Comme la nature a donc donné à l’homme des dents, non telles que sont celles des animaux carnassiers, mais de ceux qui vivent des simples dons de la terre, pourquoi ne reconnaître pas que c’est afin que nous nous abstenions de viande, et que nous nous servions d’herbes, et de fruits ?

Ceci se peut confirmer premièrement de ce que nous voyons que tous les enfants préfèrent les pommes aux perdrix, et que généralement ils aiment mieux les fruits que la chair ; comme si la nature se montrait encore en eux en quelque façon pure, sans altération, et comme elle est en soi, jusqu’à ce que le long usage de la chair l’ait dépravée en lui changeant son tempérament. Je dis en quelque façon, car si l’enfant était formé de semence, et nourri de lait de parents qui se fussent abstenus de chair, ou si du moins après avoir quitté le lait il n’avait point été nourri de viandes, ou de bouillons de viande, il aurait sans doute plus de passion pour les fruits.

2) De ce que les hommes n’ayant pas les armes, ou des instruments naturels pour déchirer, et couper les viandes, il leur en a fallu chercher d’artificiels, à savoir les couteaux dont les animaux qui vivent de chair n’ont pas besoin. Joint qu’ayant de l’aversion pour les viandes crues, il a fallu les cuire, et les apprêter diversement pour les rendre plus agréables, ce qui n’est pas nécessaire aux animaux carnassiers.

3) De ce que les histoires sacrées témoignent que les premiers hommes furent obligés par le commandement de Dieu de vivre, comme ils vécurent effectivement, non pas de chair, mais de fruits, et que l’usage des viandes ne fût toléré que longtemps après, et pour nous servir des termes ordinaires, à cause de l’endurcissement de leur cœur. L’on voit même chez les auteurs profanes que dans l’Age d’Or des premiers hommes l’on n’usait point d’autres fruits que ceux qui naissaient d’eux-mêmes de la terre.

4) De ce que non seulement les SS. Pères qui se sont retirés dans la solitude par le zèle de la religion, se sont abstenus de viandes, mais que les philosophes moraux qui ont embrassé cette abstinence, ont vécu fort longtemps, et fort sainement, comme font encore présentement plusieurs peuples des Indes orientales.

5) De ce que les fruits sont plus légers que la chair, ne chargent point tant l’estomac, se digèrent plus aisément, et se distribuent aussi plus aisément par les parties du corps. Car si la chair, comme on parle, se fait de chair, il ne faut pas s’imaginer que cela se fasse comme en appliquant du plâtre sur du plâtre.

6) De ce qu’il n’y a pas lieu de craindre que l’on ne tire assez de forces de ces sortes d’aliments, puisque les Indiens qui ne vivent d’autres choses sont aussi forts, et du moins aussi sains que nous, et que la force des taureaux, et la vitesse des cerfs, et des autres semblables qualités des animaux ne se tirent que de là.

Et l’on ne doit point objecter que nous recevons beaucoup de commodité des bouillons de viande ; car pour ne dire point les incommodités qui nous en viennent, et qu’une bonne partie de l’Asie les croit mortels aux fiévreux, comme ce devait être apparemment le sentiment d’Hippocrate, puisqu’il ne leur ordonne d’ordinaire que de la tisane d’orge plus ou moins épaisse, selon que les malades avaient plus ou moins besoin de nourriture ; pour ne parler point, dis-je, des incommodités qu’ils causent, si nous en recevons quelques utilités, ce n’est que parce que les parties de notre corps s’y sont habituées par le long usage.

L’on ne doit point aussi objecter les habitants du Brésil, les Hurons, et quelques autres peuples féroces de la sorte qu’on a trouvés vivant de chair ; puisque à cet égard la nature a aussi bien pu se dépraver dans eux que dans les autres, d’autant plus qu’ils ont retenu moins d’humanité, et que non seulement ils étaient devenus mangeurs de chair, mais encore anthropophages, ou mangeurs d’hommes. "